Souvenirs

rue-quincampoix-blog-souvenirs

Souvenirs

Depuis quelques mois, je suis des cours d’écriture créative auprès d’Aleph. J’ai eu cette idée en regardant une interview de l’auteure Katherine Pancol. Elle indiquait avoir pris des cours d’écriture créative à l’Université de Columbia. A cette même période, je dévorais le livre d’Isabelle Carré « Les Rêveurs. » A la fin de son livre, elle remercie Philippe Djian dont elle a suivi l’atelier d’écriture « Marcher sur la queue du tigre » pendant lequel elle a rédigé le début du premier chapitre de son roman. Grâce à ces deux femmes que j’affectionne, je me suis lancée dans l’écriture créative !

Dans la catégorie de mon blog (Mes mots), vous trouverez mes textes, certains produits en atelier et d’autres, non.

Aujourd’hui, je partage avec vous un travail réalisé grâce à Aleph portant sur des souvenirs très heureux et des réminiscences plus douloureuses.

∗∗∗∗

rue-quincampoix-blog-souvenirs

Souvenirs

Serge avec sa barbe de trois mois et son allure de post-soixante-huitard est assis sur le banc en granite. Il fume une clope et me lance un « Salut ma jolie » comme toujours. Dimanche 3 juin 2018, une étoile s’allume dans le ciel, la sienne.

Papi et Mamie sont dans leur appartement orné de papier peint marron à pois Laura Ashley. L’oiseau Laverdure chante en mangeant du millet. Mamie me serre un verre de sirop à la mandarine et me confie un paquet de gaufrettes au chocolat pour le retour. Un dernier coup d’œil à la peinture de Papi accrochée au mur, un melon sous forme de nature morte aux tons chatoyants.

Papa retourne la baguette de pain dans le bon sens. De l’autre main, il égraine le bout de chapelet qu’il lui reste de sa grand-mère. Il est toujours dans sa poche.

Patou pose petit garçon au milieu de ses cousines. Cette photo en noir et blanc est épinglée au mur à côté de son lit, à droite au-dessus de son épaule. Plus loin, la commode revêtue de marbre accueille une photo de mon père prise en Grèce. Il est souriant, moustachu et vêtu d’un short en jeans et de ses fines baskets. Un autre cadre, c’est moi au même endroit avec mon bandana, mon collier de turquoise, mes bras relevés et ma langue à demi tirée. À côté dans un petit cadre en verre orné d’un nœud doré, une photo jaunie, une des dernières : c’est Joëlle bébé, la sœur de Papa. Elle entourée de ses parents. Ils pique-niquent auréolés de lumière.

L’arrivée sur Aix-en-Provence dans la Ford. Un coussin soyeux dans le dos. Cette question de ma grand-mère à chacune de mes venues : « Quelle est cette montagne ? » « La montagne Sainte-Victoire ». Mamette la porte sur un pin’s représentant une peinture de Cézanne dont la couleur rose a été forcée volontairement.

C’est le Printemps. Le lever du jour accompagne son premier cri. 10 petits doigts aux mains et aux pieds. Tout y est. Sa tête en pain de sucre s’abandonne sur mon corsage.

7h17, un matin d’été, un petit garçon de 51 cm voit le jour. Son odeur de bébé. Ses cheveux clairs et ses longs doigts fins. Nos regards croisés. Deux oiseaux Inséparables.

L’église sonne les 12 coups de midi. Quelques mètres à faire entre le grand portail saumon de l’école et la bibliothèque. Ma main se pose sur la poignée de la bibliothèque. Madame F. m’attend à tous les déjeuners. Des livres du Père Castor sur les étagères. « Les bijoux de la Castafiore » dans le bac en plastique marron. Les livres à couvrir aux côtés de Madame F. et la fiche cartonnée à déposer au dos de la quatrième de couverture. Cette odeur de livre neuf.

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Nom et email requis.